Fatiguée…..

8h55 je rentre….

6h15 debout
6h55 vais conduire mon ainée
7h55 de retour vais conduire mes deux plus jeunes

Je rentre…. et je fais face à mon quotidien….
La vaisselle qui s’amoncelle dans l’évier de la veille….
Le salon, version mini tsunami…
La lessive qui ne sèche pas, cela fait trois jours qu’il pleut non stop…
Le chien qui s’est soulagé… l’odeur pestilentielle…
Les cours à préparer…pour le lendemain…
La liste des choses à faire qui ne désemplit pas, il faudrait une liste de listes….
Les navettes qui redémarrent à 15h…la journée va être courte…ou plutôt longue…
Si je ne m’active pas bien vite, je n’aurai pas le temps de tout faire…
Le moral dans les chaussettes….

Quand je pense que ma mère, elle n’aurait rien fait de tout cela…

Première chose, un café, on s’assoit, on prend le déjeuner, on médite…
Les larmes coulent sans raison, sans savoir pourquoi…. la fatigue sans doute…

Parce qu’après tout, il n’y a aucune raison de pleurer, en apparence du moins….
Trois beaux enfants, un bon mari, mais qui bosse dur, pas là la semaine, un chien, deux chats, une belle maison, une Mercedes au garage…
Pas vraiment le besoin de travailler mais je donne des cours d’anglais par ci par là, pour m’occuper…
La vie rêvée en somme donc pourquoi les larmes?

J’allume la télé, on parle des migrants, ces personnes, qui n’ont rien ou plutôt qui ont tout perdu, qui risquent leur vies avec femmes et enfants pour une vie meilleure et je sèche mes larmes, tu devrais avoir honte…. me dis-je….

Pourtant là en ce moment, ce qui me ferait plaisir, ce qui me remonterait le moral, au milieu de ma solitude du matin, c’est une voix, qui me dirait: « mais ça va aller, tu vas y arriver… , c’est un petit coup de blues, je vais t’aider… tu n’es pas toute seule, je comprends comment tu te sens » et cette même personne me prendrait dans ses bras et je pourrai pleurer sur son épaule, lâcher prise…

Car après tout je suis maman, sur qui tout le monde compte, rarement l’occasion de se laisser aller…

Mais à force de toujours s’occuper de tout et de tout le monde, on fatigue, on aimerait tant avoir quelqu’un qui s’occupe de nous de temps en temps…

Si seulement j’avais eu une vraie maman… l’enfance, on a beau dire, tant de comportements de notre quotidien sont dictés par notre expérience du passé…

Ma mère était une femme qui vivait pour elle, son métier, ses amis, ses enfants étaient secondaires, elle m’avait avoué un jour, qu’elle s’était mariée et avait eu des enfants (puis de nombreux amants) pour faire comme tout le monde! Au moins, ma mère avait le mérite d’être honnête, on ne s’attendait à rien de sa part, il n’y avait rien à attendre….

Résultats, j’ai voulu faire tout le contraire de ma mère et je me suis occupée de mes enfants et de mon mari, avant tout…
Avant la carrière, avant le plaisir personnel….

Je suis très fière de mes enfants, oserais-je dire que c’est ma plus belle réussite…

Je les trouve très épanouis, bien dans leur peau, ils sont promus à de belles carrières, je ne me fais pas beaucoup de soucis pour eux et ils ne me causent pas de soucis, ils ont une conduite exemplaire et pourtant je leur dis rarement non….

Mes enfants c’est ma vie, on m’a reproché de trop parler d’eux, surtout sur Facebook, et c’est pour ça que j’en parle sur ce blog anonyme…. pour ne pas qu’on me juge de nouveau…

Mais de quoi d’autre pourrais-je bien parler?

De mes 20 ans de mariage? Ce n’est plus à la mode! Je suis toujours amoureuse de mon mari après 20 ans… mais j’ai l’impression que quand on dit que tout va bien, les gens sont presque déçus…

Par contre, de moi-même, qu’ y-t-il à dire?, une fille intelligente, certes, j’ai toujours réussi académiquement avec brio, « elle ira loin! » disaient mes professeurs… tu parles!

S’ils me voyaient aujourd’hui, entre ma lessive et ma vaisselle, ils riraient bien de moi….

J’ai collectionné les diplômes, tout ça pour me retrouver, à vendre mes services, je donne des cours de langues, 20 euros de l’heure, quand les filles de ma génération, celles qui étaient bien moins bonnes que moi en classe, elles ont fini juristes, chefs d’entreprise et autres….

Elles ont une vie de jet-set, des amis à tire larigot, des soirées mondaines…. et moi je suis toute seule à pleurer dans ma cuisine..

Je sais que c’est très laid d’envier les autres car, on ne sait jamais de quoi est fait le quotidien d’autrui, je suis sûre qu’il y a quelqu’un qui m’envie en ce moment (la belle maison, la belle voiture, les beaux enfants…) et surtout, après tout, c’était mon choix…. personne n’a choisi pour moi…

C’est pas bien, mais je ne peux pas m’en empêcher quand même…. et si… et si… »avec des si, on mettrait Paris en bouteille » disait ma Mamy et c’était une sage femme…

Car j’ai bien entrepris des choses, j’ai bien essayé à de multiples reprises de relancer ma carrière, je peux dire que s’il y a un prix pour « le plus grand nombre de tentatives ratées », j’ai la palme d’or! En vain…. chaque fois, un imprévu, les enfants qui tombent malades au plus mauvais moment, chaque fois, j’ai dû abandonner, la question ne s’est même pas posée…

Le plus dur, c’est de ne pas perdre confiance en soi car on finit presque par croire qu’on le mérite, on s’associe avec ses échecs, on n’en vaut pas la peine, c’est normal, on n’est bon à rien….

Jusqu’à ce que mon papa, me rappelle, en publiant des petits extraits des poèmes et des récits que j’avais écrits, alors que j’avais à peine 8 ans, il les relie et me les envoie, quelle belle attention… il me rappelle qu’à 8 ans, j’étais une petite fille exceptionnelle !

Lui est écrivain, sans le sou.. malheureusement… et quand j’étais petite, je m’amusais à écrire, pour faire comme lui…

J’avais bien du talent à cette époque, j’étais vouée à de belles choses, que s’est-il passé ?
Car comment expliquer autrement ces petites histoires, si riches, si captivantes, si émouvantes parfois, un vrai talent d’écrivain et un français remarquable… malgré le jeune âge, que s’est-il passé depuis, pour perdre un tel talent ?
Mon enfance fut chaotique, certes, je ne désire pas en parler….

Ma famille est toujours totalement inexistante… et c’est un peu comme être un arbre sans racines, on est soumis au vent, à la tempête en permanence… mais cela n’explique pas tout….

Que s’est-il donc bien passé?

Est-ce que tout est perdu?

Est-ce l’avenir va enfin m’apporter un peu de satisfaction… professionnelle?

Je relance un énième projet pour la énième fois…. je veux devenir formatrice agréée, m’occuper de la formation professionnelle en langues, j’ai bossé tout l’été pour obtenir la qualification qu’il me manquait, ça y est, elle est en poche…

Le premier contrat est signé, il était nécessaire pour former le dossier, ça y est, c’est parti… le dossier est monté… le bureau est devenu une salle de classe, j’ai même fait un devis pour créer une entrée séparée et totalement indépendante de ma maison, y a plus qu’à envoyer le dossier, mais une petite voix, me dit, que cela ne servira à rien, que je perds mon temps…

Cela fait trois jours qu’il git sur la table… je suis incapable de le poster…. je n’ai plus confiance…. j’ai peur que cela soit encore un échec… que je me fasse encore des illusions…. pourtant je n’ai pas grand chose à perdre, je ne donne que de ma personne, je n’engage pas beaucoup de moyens matériels, mais je me sens seule et découragée, je n’arrive pas à me motiver…. c’est tellement plus facile de ne rien faire…. de ne rien risquer…

Je suis simplement fatiguée…. de mon quotidien…

Il faut encore que j’y réfléchisse…. peut-être demain…

Je vous remercie, vous, étranger, de m’avoir lue et écoutée car, le fait de m’exprimer, ce matin, je me sens déjà tellement mieux, tellement soulagée, je pense que la journée va être une belle journée après tout…je vais me lever, faire mes petites corvées une par une, sans me stresser….

Je vais souhaiter à toute personne qui aujourd’hui, a un petit coup de blues, beaucoup de courage, que je leur envoie tout mon courage et tout mon amour pour que leur journée soit une belle journée également….

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Commentaires sur: "Vie de famille ou carrière…il faut choisir !" (6)

  1. Chère inconnue,

    Sachez d’abord que j’ai lu votre note du début jusqu’à la fin sans en sauter une ligne.
    Pour des raisons que je n’exposerai pas dans ce commentaire (notamment parce que je parle sans couvert d’anonymat), votre note a « résonné » en moi, j’ai même cru un moment qu’elle était l’oeuvre d’une personne qui m’est proche… Mais bref!

    Connaissez vous le concept de « Zone de confort »? Je vais partir du postulat que non, sinon mon commentaire ne sert plus à rien… 😉

    La zone de confort, c’est une chose que nous avons tous en nous, tout en étant différente pour chacun. C’est l’ensemble de toutes ces choses que nous connaissons assez pour qu’elles ne nous fassent plus peur, de toutes ces petites habitudes et manies que nous répétons quotidiennement, souvent sans même le réaliser…
    La zone de confort nous permet de vivre en atténuant l’anxiété, le stress d’une vie constamment nouvelle, différente, voire dangereuse… Les réfugiés syriens dont vous parliez en sont probablement totalement dénués par exemple…

    Le problème est que vivre dans un environnement alloué à votre zone de confort supprime toute forme de nouveauté, de stimulation, d’exaltation… Et votre zone de confort, sans que vous l’ayez réalisé, est devenue votre prison…

    La comparaison avec les réfugiés est « intéressante », ils sont malheureux parce qu’ils n’ont plus de zone de confort, vous êtes malheureuse parce que vous êtes enfermée dedans.
    (Attention, je ne parle pas de l’intensité du malheur de chacun, je pense sincèrement que leur situation est absolument dramatique!!!)

    Votre projet, il vous fait peur parce qu’il vous fait sortir de cette zone… Il est une source d’exaltation, mais aussi d’angoisse, il pourrait être une réussite ou un échec, une joie ou une douleur… Votre incapacité à le finaliser est symptomatique de l’emprisonnement de votre âme, cet emprisonnement que vous avez bâti années après année sans le réaliser. Oh ce n’est en rien un reproche de ma part, je voudrais juste vous faire découvrir les barreaux qui vous entourent…

    Je ne vous conseille pas de tout envoyer valser, juste d’envoyer cette enveloppe aujourd’hui, là, maintenant que vous êtes en train de me lire et de vous dire que ce que je dis n’est pas dénué d’un certain sens!
    Pas demain, pas dans 5min, faites le MAINTENANT, avant d’avoir eu le temps de penser à tout ce qui fait peur, et tant pis si la vaisselle prend du retard, elle peut attendre elle aussi!

    Et demain, quand ce nouveau projet sera devenu « habituel », trouvez autre-chose, ça n’a pas besoin d’être exceptionnel, juste de rompre le quotidien…

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  2. C’est gentil le petit mot de la fin, ici c’est soirée coup de blues aussi 🙂
    Je dirai qu’il faut envoyer, tenter quand même, même si c’est au risque d’échouer. Après être arrivée aussi loin !
    Je suis en train de mettre de côté toute carrière pour le premier bébé, c’est un pari risqué si mon mari me lâche suis dans la mouise. Mais enfant j’ai apprécié avoir ma maman toujours présente en cas de soucis.
    Travailler pour le bonheur de ses enfants en esclave domestique est moins valorisant socialement que la réussite d’une carrière professionnelle personnelle, mais c’est une réussite quand même.
    In fine un jour les enfants seront plus autonomes et indépendants puis ne seront plus là et c’est ces petits bouts de chose que vous aurez construite qui pourront vous être utiles, être relancées. Ou alors un nouveau projet personnel lancé.

    C’était le commentaire décousue et contradictoire du soir, mais bon je peux pas faire mieux ce soir. Bon courage en tout cas pour passer le moment de blues.

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  3. c’est que dans une maison il y a tjs à faire, et on recommence et on veut aussi tu tps à soi pour se faire plaisir mais c’est pas tjs évident

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  4. Je viens de lire cette note, et j’ai hâte de savoir ce qu’il s’est passé ensuite (vu que nous sommes en janvier et que ce billet date de janvier 2016). C’est très bien écrit !

    Bisous d’une mère qui a fait le choix de travailler par peur de ne pas supporter la vie de mère au foyer (bravo à vous !)

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  5. Missàl'écoute a dit:

    Chère Mère, Chère Femme, Chère Humaine, Chère Terrienne,

    J’ai lu votre histoire, j’ai senti votre détresse et j’ai partagé vos angoisses.

    Sachez que dans la vie, c’est normal de douter de soi, de douter de tout et de l’avenir encore plus que toute chose possible. Mais ne perdez pas espoir ! Sortez de votre quotidien si morose et terne qui ne vous donne aucune satisfaction. Sortez de cette routine de peur que vous avez construite comme on construit un barrage… un barrage à la vie et au bonheur. Vous êtes enfermée dans une zone de confort car vous êtes maintenant habituée à subir cette vie que vous avez et ce n’est pas ça vivre.

    Vous savez, je suis encore bien jeune. Peut-être pourriez-vous être ma mère ou ma tante. En tant qu’enfant d’une mère, je peux vous dire que vos enfants souhaiteraient sans aucun doute que vous viviez VOTRE vie. Celle que vous choisissez non par confort mais par envie et passion. On l’oublie trop souvent quand on subit depuis longtemps mais on ne vit qu’une fois. Un seule petite fois. Alors foncer. Ne douter plus. Devenez celle qui vous inspire. En vous lisant, je sens que cette femme est en vous, VOUS êtes celles qui va changer votre vie. N’attendez pas un malheur pour en prendre conscience. N’attendez pas qu’il soit trop tard.

    Bonne nuit et que demain soit un pas vers un avenir meilleur ! FONCEZ !

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  6. Bonjour,

    Sachez qu’il y a toujours moyen de s’en sortir. Il ne suffit que de se poser les bonnes questions et d’assumer les réponses. La réponse est en vous. Pensez à vous, à vos enfants, à votre couple, et devenez la personne que vous avez toujours aspiré à être. Au final, nous n’avons qu’une seule vie. Elle est belle, mais elle est courte. Il faut savoir l’apprécier, mais avant tout, il est primordial de la magnifier à notre façon. Je crois que la meilleure solution est la communication. Exprimez-vous. Vous êtes une belle, brillante et fonceuse jeune femme. Sautez dans la vie!

    Je vous aimes.

    O.B.

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